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En route vers l’électrique


01/03/2017 17h00
Depuis son lancement en septembre dernier, la House of Automobile (HOA) rassemble tous les éléments nécessaires à l’étude de l’évolution du secteur automobile conformément aux propositions faites par Jeremy Rifkin dans le cadre de la troisième révolution industrielle. Avec tous les défis qui se profilent à l’horizon de cette nouvelle année, la confédération a hâte d’accompagner ce secteur en pleine mutation. Interview d’Ernest Pirsch, coordinateur de la House of Automobile.
 
 
Parlez-nous de l’état du secteur automobile à l’heure actuelle.
 
L’année 2016 a été une très bonne année, nous avons dépassé les 50.000 ventes ce qui ne s’était plus produit depuis 2012 et nous avons augmenté nos ventes de presque 9% par rapport à l’année 2015. Nous ne pouvons encore nous positionner précisément par rapport à l’année dernière mais nous pouvons déjà dire que cette année s’annonce plutôt bien.
On note également que les Luxembourgeois semblent être de plus en plus soucieux de leur impact sur l’environnement. On voit lors du choix d’une voiture par un particulier que la dimension écologique du véhicule entre maintenant de façon presque systématique dans leurs critères de sélection. De plus, les Luxembourgeois ont un pouvoir d’achat un peu plus élevé que dans d’autres pays d’Europe, ce qui leur permet de se tourner davantage vers des modèles plus respectueux de l’environnement, même s’ils sont un peu plus chers.
 
 
L’abattement fiscal lié à la mobilité électrique et la multiplication du nombre de bornes sur le territoire sont-ils, selon vous, des éléments suffisants pour encourager les usagers à basculer vers l’électrique?
 
En tant que représentant du secteur automobile nous sommes satisfaits de cette réforme fiscale car elle soutient financièrement les achats des professionnels dans le domaine de l’électrique et les ventes des concessionnaires. Nous avons tenu à accompagner le projet de cette réforme car nous voulions faire entendre la voix du secteur automobile à ce sujet. Économiquement, l’aide de l’Etat va rendre accessible ces nouvelles technologies à un public plus large et cela va nous permettre de faire décoller les ventes dans ce secteur.
Par ailleurs, le gouvernement compte beaucoup sur le fleet écologique. Il est clair que la formule leasing a sa place au Luxembourg, cependant, les sociétés de leasing qui s’engagent à acheter des véhicules électriques ont encore des réticences par rapport à la valeur résiduelle du véhicule électrique. En effet, étant donné que c’est un domaine en constante et rapide évolution, un véhicule peut vite perdre de sa valeur. A l’heure actuelle, beaucoup d’entreprises possèdent déjà des véhicules électriques dans leurs flottes afin d’assurer des déplacements ponctuels et de compenser les émissions des autres véhicules.
 
Cependant, même si nous vivons dans un petit pays, il ne faut pas oublier que beaucoup de voitures de société appartiennent à des frontaliers qui travaillent loin de leur domicile et effectuent beaucoup de trajets. Or les véhicules électriques ne permettent pas encore de parcourir de longues distances. Pour eux, la seule alternative envisageable semble être la voiture hybride.
 
 
Quels efforts le secteur automobile s’apprête-t-il à fournir pour favoriser une mobilité plus respectueuse de l’environnement?
 
Aujourd’hui, nous ne sommes qu’au début de l’électrique, mais les constructeurs ont foi en ce marché et investissent considérablement dans les nouvelles technologies afin de faire avancer ce secteur.
Le principal effort encore à fournir se situe au niveau de l’autonomie de ces véhicules; malheureusement, il faut encore être patient, on ne pourra doubler leur autonomie du jour au lendemain. Si leur prix reste élevé, c’est également parce que les acheteurs sont encore trop peu nombreux. Grâce à l’initiative du gouvernement, leur nombre devrait augmenter et le prix de ces voitures devrait baisser automatiquement.
On note par ailleurs que les Luxembourgeois sont attachés aux marques premium et leurs constructeurs sont également prêts à assumer cette demande. La plupart des marques ont aujourd’hui des modèles électriques à proposer au public et ceux qui n’en ont pas encore y travaillent sérieusement.
 
 
Quels sont les défis qui attendent le secteur de l’automobile au cours de ces prochaines années?
 
Le milieu de l’automobile souffre d’une déficience en ce qui concerne la formation initiale et continue, notamment à cause de la mauvaise image qu’ont les métiers du secteur. Le problème est donc à prendre à la source, car si dès le lycée, dans les formations professionnelles, les élèves ont des lacunes, alors il sera trop difficile de récupérer ce retard par la suite à cause de l’évolution constante de ces métiers; les bases de la connaissance doivent donc être solides.
 
Les constructeurs se penchent également beaucoup sur la question du véhicule autonome qui permettra aux utilisateurs de travailler dans leur voiture. Ceux-ci combineront le confort d’un véhicule individuel et la possibilité de réaliser d’autres tâches, comme dans les transports en commun. Le ministère de l’Economie et le ministère du Développement durable et des Infrastructures ont d’ailleurs la volonté de faire du Luxembourg le pays dans lequel cette voiture fera ses premiers essais.
Enfin, le métier de concessionnaire risque de plus en plus d’être associé à un rôle de fournisseur de services, louant les voitures selon les besoins particuliers des usagers, et les constructeurs recherchent activement des moyens d’accompagner cette transition.    

?MC