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Le territoire de la Biélorussie a reçu 70% des retombées radioactives de l’accident de Tchernobyl. En conséquence, près de 23% de son territoire a été contaminé. Trente ans après l’accident, la Biélorussie est en train de construire sa première centrale nucléaire à Astravets/Ostrovetsonly, à 20 km de la frontière avec la Lituanie. La première unité est appelée à devenir opérationnelle, avec l’aide russe, en 2018. Alors que le projet avance, les problèmes de sûreté font surface. Les manques alarmants de transparence et de sécurité de ce projet appellent à une réévaluation urgente.
Réalisation des aspirations nucléaires avec l’aide de la Russie
Les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl en 1986 – qui a contaminé près d’un quart de la Biélorussie, mais qui reste un sujet tabou à ce jour[1] – ont atténué les aspirations nucléaires de Minsk depuis des décennies.
En 2006, cependant, le gouvernement a approuvé des plans pour construire la première centrale nucléaire en Biélorussie. Le site d’Ostrovets, environ à 50 km à l’est de la capitale de la Lituanie, a été choisi en 2008, et confirmé par décret présidentiel en 2011.
En 2009, Minsk a annoncé que la société russe Atomstroyexport serait le contractant principal. Les premières coulées de béton ont eu lieu en 2013. La Russie est sur le point de livrer un réacteur VVER 1200 pour la fin 2016. Il sera refroidi avec de l’eau de la rivière Neris, qui coule en aval à travers Vilnius. La mise en service de la première unité de la centrale nucléaire est prévue pour 2018, et la seconde pour 2020. Deux autres unités sont proposées pour le fonctionner en 2025.
Une violation des réglementations internationales
La construction de la centrale nucléaire Ostrovets fait face à des oppositions internationales pour des raisons de sûreté. Alors que toute opposition interne à la centrale nucléaire est diminué par le président biélorusse, la Lituanie accuse ouvertement la Biélorussie de violer les Conventions d’Espoo et d’Aarhus, en omettant de procéder à une évaluation de l’impact environnemental, d’informer la Lituanie sur le projet et d’informer le public à propos de l’impact sur la rivière Neris et sur l’eau potable en Lituanie[2].
En juillet 2014, lors de la conférence ministérielle de la convention d’Aarhus, les parties ont de nouveau appelé la Biélorussie à se conformer aux dispositions de la Convention quant à la mise en œuvre du projet relatif à la centrale nucléaire. [3] La même année, le Comité de mise en œuvre de la Convention d’Espoo a déclaré que la Biélorussie avait violé la Convention en ne fournissant pas à la Lituanie les informations nécessaires pour évaluer l’éventuel impact environnemental du projet nucléaire[4].
En Mars 2016, le Comité a suggéré qu’une commission d’enquête internationale se met en place pour aider à résoudre le différend. Et le commissaire européen à l’énergie Miguel Arias Canete a appuyé la position de la Lituanie que la centrale nucléaire de Biélorussie en construction à Astravets, à 50 km de Vilnius, doit se conformer à toutes les exigences de le Convention d’Espoo et sûreté nucléaire. Selon Miguel Arias Canete, la Commission européenne veillera à ce que l’évaluation de l’impact de la centrale Astravets sur les conditions environnementales soit correctement effectuée[5].
Un accident est survenu en Avril 2016
Au début mai 2016, le ministre biélorusse de l’Energie a confirmé, sous la pression de l’UE, qu’un accident était survenu sur le site de la construction un mois plus tôt[6], le 8 Avril, qui a provoqué la destruction partielle de la structure porteuse du confinement. Sans aucune conséquence selon les autorités biélorusses.
Des stress tests inappropriés
Suite à l’accident nucléaire de Fukushima 2011, le Conseil européen en Mars 2011 a demandé des tests de résistance de toutes les centrales nucléaires de l’UE. Dans ce contexte, la Commission a entrepris, avec sept pays voisins de l’UE y compris la Biélorussie, des tests de résistance des centrales nucléaires également dans les pays voisins[7]. Mais apparemment, rien n’a été fait … Pour sa part, la Biélorussie est déterminée à faire ces tests de résistance par la même société qui est en charge de la construction de l’usine, Rosatom. Cela va à l’encontre contre d’une indépendance de l’expertise.
Le 20 mai, le commissaire européen lituanien (le commissaire de la santé et de la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis) a promis que les normes européennes devraient être appliquées sur le site d’Ostrovets, et la Commission a promis de mettre ce point à l’ordre du jour de leur réunion hebdomadaire de début de Juin[8].
Les députés européens ont interrogé la Commission sur la sécurité des installations nucléaires biélorusses
La Commission européenne a été interrogée sur la sureté des travaux de construction de la centrale nucléaire en Biélorussie dans un débat en séance plénière le 6 Juin 2016. La plupart des députés européens ont soulevé des préoccupations quant à sa sureté et à la conformité avec les normes internationales.
Les eurodéputés ont demandé à la Commission si la centrale Ostrovets respecte les règles de sureté nucléaire de l’UE et a poussé à utiliser tous les instruments disponibles pour assurer que la centrale ait des tests-stress appropriés. De nombreux députés ont souligné la nature transfrontalière de la question – une retombée nucléaire ne peut pas être contenu dans les frontières d’un pays – et la difficulté de vérifier les risques autour d’un pays.
La députée européenne Julie Ward a souligné que «nous devons continuellement lutter pour une plus grande sûreté nucléaire et de la transparence et soutenir les organisations de la société civile qui travaillent dans le domaine pour faire avancer cette transparence.
L’industrie de l’énergie nucléaire est un acteur important dans l’industrie de l’énergie, avec d’énormes subventions du Trésor public. Elle a donc le devoir de travailler en étroite collaboration avec les localités et Nuclear Transparency Watch pour assurer que les usines fonctionnent selon les normes les plus élevées ». Son discours complet:https://www.youtube.com/watch?v=bo10AVo1B-Y&feature=youtu.be
La Commission – qui a joué un rôle d’observateur dans la construction d’Ostrovets – a déclaré qu’elle utiliserait tous les instruments disponibles pour assurer les normes de sureté les plus élevées. Toutefois, le commissaire Christos Stylianides a également rappelé au Parlement que les stress tests nucléaires demandés par de nombreux députés étaient volontaires et relèvent d’une compétence nationale. Il a néanmoins déclaré que l’indépendance des régulateurs nucléaires de la Biélorussie devait être renforcée. La Commission prévoit que le rapport d’évaluation nationale de la Biélorussie sera présenté en 2016 / 17.
[1] « Belarus’s Chernobyl taboo », 27 april 2016: https://www.opendemocracy.net/od-russia/tatyana-ivanova/belarus-s-chernobyl-taboo
[2]https://www.unece.org/fileadmin/DAM/env/pp/compliance/MoP4decisions/Belarus/frLithuania_19.03.2014.pdf
[3]http://www.urm.lt/default/fr/news/la-bielorussie-est-de-nouveau-appelee-a-construire-la-centrale-nucleaire-conformement-aux-engagements-internationaux
[4] 6th Meeting of the Parties to the Espoo Convention, 2-5 June 2016:http://www.unece.org/env/eia/meetings/mop_6.html
[5] « EU energy commissioner backs Lithuania’s position on Belarus nuclear plant », 15 April 2016:http://belsat.eu/en/news/eu-energy-commissioner-backs-lithuania-s-position-on-belarus-nuclear-plant/ another source, the NGO Charter 97:http://www.charter97.org/be/news/2016/5/4/202764/
[6]http://en.eurobelarus.info/news/society/2016/05/07/belarus-energy-ministry-commented-on-the-accident-at-astravets.html
[7]https://ec.europa.eu/energy/sites/ener/files/documents/20110623_stress_test_joint_declaration_eu_neighbouring_countries.pdf
[8]http://www.baltic-course.com/eng/energy/?doc=121036
Communiqué de presse
Source : Nuclear Transparency Watch
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